Journal de Guerre Jour&nuit

Je crois bien que maintenant je dors autant le jour que la nuit. Je flotte dans un coton doux et vaporeux. Parfois mes yeux me brûlent et je dois les fermer. je me dis "ah, tiens, j'étais donc réveillée ?"

Je respire tr!s lentement. Je fais une musique avec mon coeur qui bat. C'est presqu'une petite valse, un petit bal musette. Je danse dans mes bras sous une petite guirlande accrochée dans les arbres. La nuit est bien douce sous la lune rousse.


Je voyage aussi beaucoup.

Je passe de la guinguette du bord de Maine, à Angers, avec Verenne et Maxime, et puis je me rappelle que c'est là, cette toute première soirée, du jour où nous nous sommes rencontrés et nos tous premiers rires. L'instant d'après je suis seule à Peyre, et un des volets claque. Je sens Maïtika, la grosse chienne, qui veille sur mon sommeil. Peu après je visite le jardin de ma mère et je m'endors enfin dans le creux du bras de mon grand Amour, mon Amour de toujours.

Je surplombe la falaise bordée d'oliviers : à mes pieds la mer turquoise comme les yeux de mon ami. Et je peux à nouveau boire une Grimm avec lui.

Je marche dans des rues pavées, rues étroites aux senteurs délicieuses et du linge pend sur des fils juste au-dessus de moi et je ne sais pas où c'est. Me voilà dans les draps qui sèchent au soleil et je joue au théâtre devant mes poupées. C'est mon premier baiser et c'est le 13 mars. Eric a enfin décidé de m'embrasser. Mais c'est Serge qui vient pour m'aider à déménager. Voilà qu'Ivan me fait cuire une escalope de veau avec des petits pois. J'ai 10 ans. Brassens vient de mourir.


Qu'il est doux ce moment, quelle est jolie ma vie. Je ne vois vraiment pas de quoi avoir peur. Je me sens si bien. Je n'ai besoin de rien. Rien d'autre que ces doux moments et que je revisite et qui se réinventent.


Il y a quelques heures, une dame m'a appelé. J'avais peu de force pour répondre à un numéro inconnu. mais j'ai quand même répondu. Elle m'appelait pour me lire un sonnet de Shakespeare et me parler d'étoiles et j'ai seulement pu en retenir le dernier vers :

"Alors je fais la guerre au temps puisque je t'aime et ce qu'il prend de toi je te le restitue"


Je ne fais pas la guerre, Monsieur William Shakespeare.

Je suis tellement en paix avec tous mes souvenirs... Que je me crois capable de tout régler ainsi.

Le seul et unique combat s'appelle "frustration" et son visage se nomme "impuissance". J'accueille dans mon silence, la vie qui me traverse en de si fines inspirations qu'un sourire se dessine. Et je repars sans bouger à galop sur Opale.

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