égalité

A la caisse de mon Super, il y a aujourd'hui indifféremment des garçons ou des filles. Des jeunes ou des vieilles. Il y a rarement des vieux. J'en ai vu un, un jour, qui était vieux et noir, mais c'était dans un autre Super.

A la caisse de mon Super, il y a des gens de toutes les couleurs. Mais ceux qui ont la peau noire sont plutôt au nettoyage des sols ou à l'entrée pour surveiller.


A la caisse de mon super, il y a des intérimaires, des contrats de qualif, des employés à perpétuité, des thésards du barreau, des mamans dont les enfants sont grands et des mamans dont les enfants sont petits. A la caisse de mon super, je n'ai pas encore rencontré de papa mais peut-être qu'il y en a.

Il y a des gens qui ne savent pas bien ce qu'ils veulent faire, alors ils font ça en attendant. Il y a ceux qui ont un projet en tête et qui font ça en attendant. Il y a ceux qui croient ne rien savoir faire mais, en attendant, ça, ils peuvent.

Il y a ceux qui ont mis leur projet entre parenthèse et mettent chaque petit sou de côté et ceux dont la vie est entre parenthèse et comble un gros trou sans fin avec chaque petit sou glané.


A la caisse de mon Super, il y a des caissières qui ont été embauchés pour une semaine il y a 17 ans et des caissières qui ont été embauchées il y a une semaine et qui ne reviendront pas.

A la caisse de mon Super, il y a des artistes, des poètes, des rêveurs, des amoureuses, des secrétaires, des assistantes de direction, des masseuses en formation, des profs en dépression.

A la caisse de mon Super, il y a ceux qui ont un crédit d'appartement sur le dos et une qui dort dans sa voiture pour le moment.


A la caisse de mon Super, on est tous égaux.

A la caisse de mon Super, on est tous crevés.




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