Fantômes...

Fantômes... Vous revenez quelques fois, rôder. Vous dansez dans la nuit, et je vois la jouissance avec laquelle vous continuer de nous torturer. Fantômes... Vous nous faites oublier tant nous avons souffert et nous pleurons ce que vous voudriez nous faire croire que nous aurions perdu... Fantômes, soyez comblés : nous vous pleurons deux fois : une fois sur le moment, et le reste de nos vies. Parfois même une troisième, lorsqu'on s'aperçoit qu'à vous être fidèle, on est passé juste à côté d'un amour généreux, joyeux et surtout présent... Comme je vous admire...

Fantômes, comme vous nous faites bien croire qu'il s'agirait d'amour... Nous devenons regrets. Vous devenez fantasmes...

Vous vous amusez bien.


Fantômes... Vous n'en avez pas fini. Malins, possessifs, jaloux, vous venez nous hanter. Vous vous invitez à la table, vous glissez dans le lit. Radins, vous n'offrez plus rien. Voleurs, vous nous privez encore de ce que vous n'avez pas su ou voulu nous offrir. Illusionnistes, vous rendez fade à l'avance chaque nouveau départ.

Fantômes... Comme vous êtes inspirants... Vous nous avez blessés. Vous nous avez trahis. Vous nous avez brisés.

Vous revenez fantasmes.

Déguisez et masqués, vous voulez nous faire croire que vous nous protégez de déconvenues futures mais c'est pour mieux encore nous posséder et couper l'herbe sous le pied à toute nouvelle rencontre...

Quel bonheur, n'est-ce pas, de nous voir souffrir à nous languir de vous et à vous espérer... On arrive même à croire que c'est à cette souffrance qu'on pourrait mesurer la grandeur d'amour qui nous a traversé... Que l'humain est beau... Qu'il est triste aussi... Comme il aime se bercer dans ses propres illusions... Comme je l'aime aussi dans ses contradictions...

Il garde précieusement chaque blessure ouverte comme le plus grand trésor. Il garde ce trésor bien au chaud, dans un coeur blindé, disponible pour vous, Fantômes et Fantasmes, qui en avez la clé et venez le piller.


Chers fantômes de ma vie, chers sublimes fantasmes... Si vous m'avez aimé, je préfère me faire croire que vous m'aimez heureuse, vivante, amoureuse et aimante, plus qu'à vous regretter. C'est ainsi, pour ma part, que je vous aime encore, et cette fois, j'e peux le garantir, sûrement pour toujours.


Fantômes... Je vous tire mon chapeau. Fantasmes, je vous salue bien bas. Je vous prie de m'excuser. Vous n'hantez plus mes songes. Vous n'hantez plus mes rêves. Et c'est aujourd'hui de chaire et d'os que vous êtes invités. Pour manger une soupe, Partager une musique, chanter et rigoler, mais sûrement pas souffrir.


Chers fantômes de ma vie, chers sublimes fantasmes... Je vous ai transformé. De fantasmes en fantômes (par quoi ça a commencé ?), vous êtes désormais mes plus beaux souvenirs, quelqu'ils aient été. J'ai détaché les chaînes qui entravaient mes pas, et ces boulets au bout qui me blessaient les pieds.

J'ai soulevé le drap

et dessous,

il n'y avait plus rien.

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