Henri

Il y a une tapisserie à fleur dans la cuisine. Marron. Des petits carreaux de carrelages blanc avec des petits carreaux rouilles tous petits au milieu. Des carrelages en ciment noir et blanc au sol. Il y a 5 poubelles. Et des bocaux dans l’armoire. Il y a Henri. Henri, il habite toute la cuisine. Henri il aime tellement la vie qu’il en peut plus d’la vie. Il aime tellement les gens qu’il en peut plus des gens. Il parle, il parle, il parle du forgeron, de la boule lyonnaise, des vrais gens qui vont dans les usines, et puis d’avant quand on s’habillait bien. D’être artisan. Il y a le ruban du cimetière aux mouches accroché sur la lampe. Une table rouge en formica. Pis du blanc pour le passant. Il y a plein de gamelles pour Jo, par terre. Aussi pour le chat. Et puis il y a le Puy des fous. Et plus le droit de faire une lecture dans son jardin. Un bidon de 4 litres d’huile d’olive. 3 Kg de riz. Le frigo derrière la porte. Les tomates du jardin et le sirop de mûre-sureau.

Et puis il y a Henri.

Henri, il habite toute la cuisine. Henri, il aime tellement la vie qu’il en peut plus d’la vie. Il aime tellement les gens qu’il en peut plus des gens. Et des yeux du chien quand il est resté seul trop longtemps.

Henri il parle, il parle, il parle des tomates et du temps d’avant et de quand on pouvait s’aimer à tord et à travers et pis se prendre dans les bras. Pis dans Henri y a ses yeux qui se mouillent tous seuls tout le temps. Pis tant d’humanité que c’est pas lui qui est dans le monde : c’est le monde entier qui est dedans lui.

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