La négociation

Elle ne veut plus négocier.

Elle plante.

Moi, je veux bien...

Je sais faire des efforts.

(Elle a écrit "erreurs" - J'ai corrigé "efforts")

Elle ne peut plus négocier.

Elle bugg.

Moi, je veux bien...

Je sais perte raisonnable.

(Elle a écrit "perte" - Je voulais écrire "Etre")

Elle ne veut plus.

Elle ne peut plus.

Elle me terrasse au sol.

Elle ne peut pas.

Elle ne peut plus.

Elle s'incarne.

Elle s'incarne en moi.

Elle ne peut plus faire semblant

Elle ne peut plus m'aider à faire semblant.

Elle me retranche dans mes derniers retranchements.

J'ai longtemps cru qu'elle était ce qu'on appelle mon "enfant intérieur", "l'enfant blessé".

J'ai longtemps lu ce que d'autres ont écrit.

Je la prenais dans mes bras, pour la consoler.

J'ai appris à l'écouter.

A la bercer.

A la faire taire, surtout.

Elle ne veut plus.

Elle n'est plus une enfant.

Elle est en face de moi.

Elle est dedans moi.

Elle est une femme.

Elle est mon âme.

Elle ne peut plus attendre que je veuille bien avoir du temps.

Elle a des choses à faire.

Elle a des choses à dire.

Elle a des choses à écrire.

Elle a besoin de moi.

Elle veut me traverser.

Je lui dis "qui va ramener du beurre dans le frigo, dis-moi"

- elle répond "Suis ta joie"

Et je pleure devant mes tableurs.

Je lui dis "je finis ça, et après on s'y met"

- elle répond "essaye donc de lever un doigt"

Et je fixe les deux écrans de mon ordinateur.

Elle ne veut plus négocier.

Je suis tétanisée.

Aimantée.

Scotchée.

Elle ne veut plus négocier...

Elle me terrasse : elle veut nous libérer.




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