La baffe

Ce serait comme un vieux couple. Qui ne s'aime plus. Qui ne se supporte plus. Qui ne se quitte pas quand même.


Un vieux couple bancale dans lequel l'homme c'est le papa. Un papa bien sûr de lui. Convaincu. Il trône, là, en bout de table. A sa place. Bien droit. Au bout le plus étroit.

Maman n'est pas bien loin. A côté, sûrement dans la cuisine Elle passe le repas debout parce qu'elle, elle amène les plats.

Papa, il sait. Maman elle se tait.

Maman, elle n'en peut pus. Elle n'est pas d'accord avec les règles punitives. Elle préfèrerait d'autres méthodes. Mais elle se tait.


Quand il reçoit le bulletin, papa fait le point. Il convoque ses deux enfants, Français et Françaises, à table, à 20 heures précises, et fait le point. Sages, pas sages. A- Le bilan. B- Le programme. Et allez Hop ! Au lit.

Il va falloir "visser". Il donnera des bons points. Il va se saigner les veines, mais chacun y mettra du sien. Ses enfants vont filer droit, ça, je vous le dis. On est une grande famille ou on n'est pas une grande famille ?


Français et Françaises, les enfants de papa, auront le droit de se taire et d'écouter jusqu'au bout comment ça va se passer pour les prochaines semaines. Si ça va mieux, on en reparlera. Le dernier bulletin n'était pas si mauvais. Les notes étaient correctes mais il y avait écrit "bavardage" dans la case des Sciences Naturelles. Et ça, ça n'est pas possible. Français et Françaises sont des enfants dissipés, insolents, et papa a relevé les manches. Il a sorti la trique. C'est son devoir. C'est pour leur bien. Donc pour le bien de tous.

Français et Françaises devront le regarder dans les yeux (sinon c'est malpoli) en regardant par terre (en signe d'humilité).


Maman, elle n'en peut plus. Elle pleure dans la cuisine. Elle pleure dans son torchon. Elle dit que c'est l'oignon. Elle aime tant ses enfants...

Français et Français se sont lavés les dents. Ils ont fait leur prière en avalant les mots. Se cachent sous la couette et inventent une tente avec une lampe torche. Ils attendent de grandir et rêvent de leur départ. Ils sont bien trop petits pour faire leur balluchon Ils doivent encore attendre les prochaines élections.

- Peut-être que ce sera pire ? - Tu crois ? - ça se peut... - ... - ... - Tu crois qu'on aura quand même un cadeau, à Noël ? - Le droit de voir sa gueule, oui. De voir pleurer maman et ne pouvoir rien faire... - Et on aura un sapin ? - En plastique, oui, je pense ! - 'tout façon, j'aime pas les sapins, à Noël. On dirait des cadavres, alignés. - Oui... - Sauf quand le chat le fait tomber. - Oui... - Mais papa i' veut pas de chat. - Oui.... - Il dit que ça fait éternuer. - Oui.... - ... - ... - Tu entends ? - Oui - ... - ... - T'inquiète pas : c'est maman qui fait semblant."

Ce site utilise certainement des cookies mais je ne sais pas dut tout comment ça marche.