Paroles d'aube

"Tu résonnes dans ma tête comme un refrain oublié..."


Une place de village.

Le soir qui tombe.

L'écran s'élève.

Un homme s'affaire, tire des câbles, installe une table.

Déjà des gens arrivent. Badauds, voisins, amoureux qui passent...

Regardent...

Repartent...

Reviennent avec des coussins, des chaises de camping...

La nuit s'installe.

Des enfants qui courent.

Un chien qui traîne, renifle.

L'homme prépare, organise, dans le calme rapide de quelqu'un qui sait ce qu'il fait.

Un air de valse musette.

Et l'écran de projection qui s'allume. Qui crépite un peu. Des petits fils qui dansent sur l'écran blanc de lumière.

Magie.

Attente vive.

Ce soir, il y a un cinéma de plein air sur l'esplanade.

Le sol est peu dur.

Un arbre se reflète sur l'écran.

La bande son a du mal à se mettre en place.

Et tous ces regards portés vers la magie du cinéma...


Moi, j'ai tes yeux au fond de mon ventre.

Ce rêve de toi et moi dans les villages.

J'ai ton regard au fond de mon ventre.

J'entends une musique que je n'entends pas.

Je me souviens de toi que je ne connais pas.

Je comprends une langue que je ne connais pas.


Silence.

Je vois une ombre passer.

Puis une autre. On dirait la même. Ombre.

Bleue.

Comme un cerisier en fleurs.


Ombre sur un mur.

Un tableau.

Un cri déchirerait le silence, le sortirait de sa torpeur.

Un homme prend son solex et s'en va.

Une petite fille tient un champignon et deux petits garçons sourient à l'objectif.

Les chats griffent et les photos graphent.

Je n'ai pas d'âge et ces souvenirs sont mes souvenirs mais ils ne sont pas mes souvenirs.

Je te sais.

Je te sens.

Je me souviens de toi.

Pourtant, je ne te connais pas.


Je te sais.

Je te sens.

Tu vibres en moi.

Pourtant, je ne te connais pas.





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